PUDLO, RESTO, BOULOT, DODO - 23/04/2010

Pour «Le Point», le redouté critique gastronomique Gilles Pudlowski a fait le tour des meilleurs restos et boutiques d'Angoulême. Sans desserrer les dents.

Gilles Pudlowski n'est pas là pour se faire des amis. Quand le critique gastronomique entre dans un resto avec son air pas aimable, c'est toujours le même rituel: à peine un petit bonjour, deux, trois questions marmonnées sur le parcours du patron.

Parfois, il écoute les réponses, parfois, il croque dans une madeleine ou un bout de chocolat, tape son papier directement sur son ordinateur portable sur un bout de table et repart comme il est venu, sans un mot. Impossible de savoir s'il est content ou non. Quand il repasse la porte, son papier est déjà écrit.

«L'inspection» ne s'éternise jamais plus d'un quart d'heure, visite des toilettes comprise. Envoyé par Le Point pour un cahier régional qui sortira le 24 juin, le journaliste vient de passer deux jours à Angoulême. Guidé par Laure Thomas, de Charente Tourisme, il était mercredi dans les restaurants du Plateau et, hier, dans les boutiques gastronomiques d'Angoulême et aux bonnes tables du Cognaçais.

Myriame Mainemer, de la biscuiterie Lolmède, est un peu surprise par les manières du bonhomme à l'humour glacial. «Il ne pose pas beaucoup de questions. Je n'étais pas stressée avant sa visite, je le serai peut-être après.» Qu'elle se rassure. Même s'il n'en a pas donné l'impression, le critique a apprécié ses madeleines.

«Je travaille toujours comme ça. Ça fait plus de trente ans. Je suis comme le vétérinaire. Je n'ai pas besoin de manger de cochon pour savoir s'il est en bonne santé. Je mange moins que la majorité des gens. Je regarde la carte, discute avec le chef... Le lecteur ne veut pas savoir si j'ai bien mangé, mais ce qu'il va manger.»

Le grand reporter du Point, qui a aussi créé son propre guide, le «Pudlo», juge très vite. «En trois secondes, j'ai vu que L'Agape était une maison sérieuse. Le Chatelars est un endroit dont on va beaucoup parler. Les Artistes ? Le patron est un peu rustre, la chef une autodidacte très sympa. On se croirait dans un film de Claude Sautet.»

Pas le temps de découvrir ses propres adresses, Gilles Pudlowski est très influencé par son accompagnatrice et les guides de ses confrères.

Il a tenu à passer à La Cité, un Bib gourmand au Michelin. «La déco est nulle, mais comme le disait Curnonsky, le ''Prince des gastronomes'', je ne suis pas venu manger les rideaux. Le patron est modeste, gentil, propret. C'est évident. Sa probité se voit comme le nez au milieu de la figure. Les prix sont raisonnables. Si les gens viennent chez lui, c'est qu'il y a une raison.»

Le photographe qui l'accompagne n'a pas fini son travail, le thé de la Brûlerie des Valois est à peine infusé, le chroniqueur, inconditionnel de thé vert, est déjà reparti.

Il n'y a qu'à La Ruelle qu'il est resté deux heures. «La meilleure table d'Angoulême et elle n'a pas d'étoile au Michelin. Je sers aussi à ça, à réparer les conneries des autres.»


Auteur : Christelle LASAIRES | ch.lasaires@charentelibre.fr
Journal : Charente Libre

 

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